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    Le 1 janvier 2000 sera pour le chabbate 23 Tévéte 5760 et la paracha Chémote.
    Nous venons de les passer et nous savons donc que ce sera
    un renouvellement du monde hors des mythes de la culture dominante ,
    pour notre projet de libération par la connaissance d'une autre lumière, d'une autre liberté.
    La paracha Vaéra nous montre que cet enjeu n'est pas "évident" .
    Comme dit Rachi, à vivre sous une autre culture et dans la détresse de notre manque, on perd le souffle, il devient court.
    Mais nous devons connaître notre ligne, béit 'hayénou , la maison de notre vie. La voir de loin, et s'en rapprocher. "

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    LA FRANCE HONORE SES JUSTES

    Le gouvernement français contribuera, pour un montant d'un million de francs, à la parution d'un livre sur les Justes français, en collaboration avec le Mémorial Yad Vashem de Jérusalem. Le livre rassemblera nombre de documents sur les 1720 citoyens français qui sauvèrent des milliers de juifs des griffes des nazis.


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    Le le Juste ...

    Bouddha, Jésus, Mahomet

    Lorsque, la trentaine venue, Bouddha et Jésus entament leur campagne de sermons et leur marche vers la gloire, ils sont au sommet de leur forme. A cet âge, le préféré des marathoniens, ils ont aquis l'endurance et gardent leur vitesse, obtiennent leur meilleur rendement cardiaque, cette fameuse consommation maximale d'oxygène ou "VO2 max." si nécessaire pour escalader les contreforts de l'Himalaya ou grimper les dures côtes de Jérusalem. A trente ans, Mahomet est encore un petit transporteur international, modeste convoyeur de marchandises au Proche - Orient. Son camion est un chameau qu'il dirige à pied ou qu'il monte lui-même lorsque la charge a été livrée.

    A raison de cinq kilomètres à l'heure et de dix à douze heures par jour, le jeune Mohammed ben Abd Allah ne compte pas sa fatigue pour tenir les horaires et finir les étapes sous le vent de sable ou le soleil de plomb. Son itinéraire habituel va d'Arabie en Mésopotamie, via la Palestine et la Syrie. Il emprunte probablement la Route du Roi qui serpente sur le plateau jordanien et passe par l'extraordinaire nécropole nabatéenne de Pétra. Cette voie, déjà mentionnée par la Bible (Nombres 21,22) et parcourue par les Hébreux de l'Exode, domine la mer Morte : du mont Nebo où Moïse aurait contemplé le pays de Canaan avant de mourir, Mahomet peut voir les collines de Judée et la ville de Jéricho, deviner Jérusalem et tous les lieux saints du prophète Jésus ben Joseph.

    Le petit caravanier reste sur la route de corniche et se garde bien de descendre en ces lieux infernaux écrasés de chaleur et de torpeur qui forment la dépression de la mer Morte, ce "pays renversé", point le plus bas de la planète et lieu de toutes les bassesses avec la mythique Sodome, ses effluves de bitume et ses relents de péché. Mahomet commerce sur la rive orientale du Jourdain comme Jésus prêchait sur la rive occidentale : leurs routes sont parallèles mais ne se croisent pas. Les routes du Bouddha historique sont carrément étrangères à celles des deux prophètes du Croissant fertile. Depuis la fin de la civilisation de l'Indus, vers le milieu du 2è millénaire avant J.C., il n'y a plus beaucoup de relations entre le Proche - Orient et l'Inde. Le développement économique de celle-ci se fait désormais dans la vallée du Gange qui n'a guère de contacts avec le monde sémitique et a été colonisée par des tribus de langue indo-européenne.

    Jésus et Mahomet pourraient presque converser en chemin tant l'araméen du premier et l'arabe du second sont des langues voisines. Mais le Bouddha ne pourrait avoir le moindre débat avec ses deux confrères d'outre-Indus, tant leurs mots et leurs concepts lui sont étrangers. Et pour la diffusion d'un message, les barrières des langues ou des concepts s'avèrent plus redoutables que les fleuves à franchir ou les montagnes à traverser. Les pieds du Bouddha Le jeune "prince" Siddhârtha Gautama, fils du "roi" (ou du chef de clan) des Shâkya, tente une première sortie hors de son "palais" du Népal, assis sur un chariot conduit par son fidèle cocher.

    Puis il se ravise, rentre à la maison et son départ final se fera à cheval, une noble monture si on la compare à l'ânon de Jésus aux Rameaux ou aux chameaux des messageries Mahomet. Après quelques kilomètres, le futur Eveillé (Bouddha) renvoie son fidèle équidé à l'écurie et décide de n'avoir pour Véhicule ou "moyen de progression" (Yâna) que l'humble service de ses pieds, un bien "Petit Véhicule" (Hînayâna) mû par le seul effort et les seuls mérites de son propriétaire. L'effort est dur et les mérites sont grands sous la chaleur du jour et dans les dangers de la nuit sur ces sentiers caillouteux qui, jusqu'à ces dernières années, étaient les seules voies de communication entre le Népal et l'Inde du nord : avant 1956, les riches familles de Kathmandou faisaient encore venir leur Hispano-Suiza ou leur de Dion-Bouton à dos de civière et en pièces détachées. Cette "mise à pied" du jeune prince est le licenciement d'un futur roi.

    Car n'accèdera jamais au trône celui qui ne monte plus à cheval, ne conduit pas son char de guerre ni son armée d'éléphants, n'a ni cornac ni écuyer. Il rompt avec sa caste de guerriers (kshatriya) pour rejoindre la valetaille et la piétaille, ces bases castes à ras du sol. Les pieds du Bouddha sont un Véhicule humble et pacifique, semblable à l'ânon de Jésus, ce "roi juste et victorieux", qui "supprimera de Jérusalem le char de combat et brisera l'arc de guerre" (Zacharie 9,9). Les pieds du Bouddha sont adorables et adorés sur les statues, aujourd'hui vénérés par des armées de pèlerins, pédicurés par des foules d'artistes. Ses ongles sont vernissés de rouge et ses voûtes plantaires peu marquées (Bouddha a les pieds plats) mais elles sont finement décorées des scènes de ses vies antérieures. Et les fidèles se prosternent devant les pieds du Bouddha avec l'humilité de Jésus lavant les pieds de ses disciples.

    Les pieds du jeune prince vagabond vont le soutenir vaillament pendant un demi-siècle de longues marches. Son éducation sportive et sa préparation militaire ont aiguisé une force physique (les Ecritures saluent ses performances) qui devra beaucoup s'employer. Il va donc arpenter la basse vallée du Gange et de ses affluents comme Jésus celle du Jourdain : les deux hommes prêchent dans un rayon d'une centaine de kilomètres et les points extrêmes de leur prédication sont séparés par une petite semaine de marche, sans être jamais bien éloignés de Jérusalem ou de Bénarès. Leurs religions universelles sont nées sur des territoires grands comme un département français. La prédication de Mahomet se tiendra dans des limites à peu près équivalentes.

    A l'âge de quarante ans, le caravanier abandonne ses lointaines expéditions commerciales pour se consacrer à un enseignement dispensé au sud de l'Arabie. Le lieu de son "émigration" (Hégire) est Médine, ville située à trois cents kilomètres de la Mecque d'où le prophète doit s'enfuir. Cette pérégrination, effectuée à pied ou à dos de chamelle se révélera fort longue et périlleuse, inaugurant au sortir des épreuves une nouvelle ère pour les croyants, un peu comme la Longue marche des partisans de Mao. Mais voici l'immigré de Médine, petit beur sans un sou, obligé de voler pour vivre.

    L'ancien caravanier se convertit en pilleur de caravanes et, tel le douanier devenu contrebandier, il connaît toutes les ficelles du métier. La razzia devient djihad, le vol à la roulotte guerre sainte. Dans le désert, de telles pratiques sont courantes et servent de péage autoroutier au profit des autochtones, de prélèvement obligatoire au bénéfice des indigènes. Au lieu-dit le puits de Badr, ce carrefour de la grand - route de Syrie et de l'embranchement pour Médine, Mahomet remporte la première victoire de l'islam (mars 624) en rackettant une caravane de mille chameaux. La méthode est un peu "cavalière" et amène d'ailleurs les amis du Prophète à délaisser le chameau au profit du cheval, plus docile et plus rapide pour mener les poursuites. Les sandales de Jésus Il y a sans doute des moyens moins belliqueux pour gagner sa vie sur les chemins. Jésus en avait trouvé un sur la route de Capharnaüm quand il avait recruté Lévi - Matthieu, employé au bureau d'octroi (Matthieu 9,9) : ce publicain entraîna à sa suite de nombreux collèges, humbles pêcheurs et généreux donateurs avant de dédier un bel évangile à ce maître dont Jean - Baptiste n'était pas digne d'ôter les sandales (Matthieu 3,11).

    Quant au Bouddha, il faisait la quête sur la route de la petite ville d'Uruvilvâ. Et voilà que passent les frères Bhallika et Trapusha, codirecteurs d'une entreprise de transports avec cinq cents charrettes. Les riches marchands font royalement don d'un peu de miel et de grains grillés, des "cadeaux empoisonnés" qui vont occasionner quelques douleurs d'entrailles au Sage indien. Auparavant, celui-ci avait offert aux puissants transporteurs quelques cheveux et rognures d'ongle en guise de reliques. Mais le Bouddha ne peut mener que huit mois par an cette vie de prédicateur itinérant. Durant la saison de pluies , entre juin et septembre, il doit chercher un abri. Un jour, nous dit la légende, il se met au sec sous les capuchons déployés d'un cobra à sept têtes. Le reste du temps, il lui faut trouver un toit pour lui et ses disciples.

    Le Bouddha fait donc construire sur des terrains offerts par de généreux donateurs : le roi Bimbisâra lui offre le parc de Bambous et la prostituée Amrapâlî (dont la nuit valait cinquante écus) le jardin des Mangues. Le climat de mousson amène les premiers bouddhistes à faire une retraite annuelle (ce sera leur carême) puis à employer cette pause météorologique à pratiquer la méditation et à trouver un refuge, notion essentielle de la nouvelle religion qui se définit comme un Triple Refuge (ou Joyau), celui du Bouddha, du Sangha (communauté des moines) et du Dharma (enseignement du maître).

    Jésus doit aussi tenir compte du climat et interrompt probablement ses marches durant l'hiver, saison où on le voit aller et venir au Temple de Jérusalem, sous le portique de Salomon (Jean 10,23). Le reste de l'année, il arpente les collines de Galilée, de Judée et de Samarie, marche sur les sentiers et sur les eaux, à l'écart des grandes voies romaines, se retire au désert, évite les villes qu'il n'aime pas car les pharisiens y prient hypocritement aux carrefours (Matthieu 6,5). On n'entendra donc pas la voix de Jésus sur les places urbaines (Matthieu 12,19).

    Les premiers chrétiens feront exactement l'inverse en convertissant les villes de Syrie, de Turquie ou d'Egypte et en abandonnant les campagnes aux paysans, ces "païens". Les bateaux de saint Paul Mais désormais, les routes maritimes seront préférées aux voies terrestres, fort pentues et mal commodes en raison du profil tourmenté des côtes méditerranéennes. C'est donc par bateau que saint Paul voyage, fondant ou organisant les Eglises d'Antioche, de Corinthe, d'Athènes ou d'Ephèse. Les tempêtes de l'hiver contraignent le missionnaire à l'hivernage mais les premiers beaux jours sont l'occasion de nouvelles escales puis d'incursion dans les terres où il profite des voies romaines de l'intérieur, beaucoup moins sinueuses que les routes de corniche. Paul de Tarse, citoyen romain de langue grecque, d'ascendance turque, de tradition juive et de confession chrétienne devient ambassadeur itinérant et reprend le titre d'envoyé ou d'"apôtre" (apostolos) autrefois dévolu à l'amiral de la flotte d'Athènes. Et l'amiral Paul envoie ses ordres aux Eglises sous forme de missives: l'apôtre dicte ses épîtres.

    Les premiers siècles du christianisme verront aussi de nombreux prédicateurs parcourir les routes du Proche - Orient, d'Afrique du Nord ou d'Europe. Mais les déserts, les forêts et les populations hostiles ne leur permettront guère de s'enfoncer dans les continents à la seule et importante exception de l'Asie centrale où l'Eglise nestorienne (monophysite), qui comptera deux cents diocèses, parviendra jusqu'en Inde et en Chine avant de connaître à partir du 13è siècle un déclin aussi mal élucidé que sa fulgurante avancée. Désormais, les avancées du christianisme seront liées aux évolutions de la navigation à voile puis à vapeur. La totalité de l'Amérique, une grande partie de l'Afrique et de l'Asie verront les missionnaires débarquer des caravelles, des goélettes, des steamers voire des canonnières. La moitié des chrétiens du monde aujourd'hui vivent sur le continent américain et ils ont donc été évangélisés grâce aux "transatlantiques". Au total, les trois quarts des populations christianisées depuis deux mille ans l'ont été par la voie maritime. Pour beaucoup d'indigènes, le christianisme est apparu comme la "religion du cargo". La diffusion du bouddhisme semble avoir été plus également répartie entre voies terrestres et maritimes : la moitié des bouddhistes du monde, notamment la plupart de ceux de Chine et du Japon, ont connu l'enseignement du Bouddha grâce aux voyages des marchands et des missionnaires le long de la route ou, plutôt, des routes de la soie.

    Grâce à ces voies de contournement de l'Himalaya par le nord, la nouvelle religion va passer de l'Inde à la Chine en faisant un immense détour par la vallée de l'Indus, la passe du Karakoram, la lisière du Sinkiang et les confins de la Mongolie. Deux mille kilomètres de steppes ou de déserts et deux cents jours de marche ou de chevauchée à dos de yak séparent Bénarès de Pékin. Malgré une brève traversée de la mer de la Chine pour atteindre le Japon, la voie nordique du bouddhisme, celle du Grand Véhicule (Mahâyâna), est donc essentiellement terrestre, entrecoupée de bivouacs où l'on traduit les Ecritures sacrées, de grottes où l'on abrite des statues du Bouddha, de monastères où chacun médite à loisir. La route est faite de patientes avancées de la nouvelle religion, d'acclimatations progressives à la culture chinoise, d'assimilation subtile des religions locales.

    La route est lente et longue puisque le bouddhisme n'atteindra le Japon qu'au 6è siècle après J.C. mille ans après la mort de son maître. La voie du sud, celle du Petit Véhicule (Hînayâna) est maritime et touchera surtout les pays les plus proches de l'Inde : Ceylan, Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge et, très temporairement, Indonésie. La nécessité de ne pas trop s'éloigner des côtes fera d'abord de cette voie un véhicule de proximité plus qu'un outil d'exploration. La maîtrise des vents de mousson et les progrès de la navigation accomplis durant le 1er millénaire après J.C. permettent d'augmenter la distance des voyages mais pas leur rapidité : il faut attendre l'inversion des vents pour lever l'ancre et, dans les mers du sud-est asiatique, un parcours aller et retour peut prendre un an et demi.

    Le bouddhisme n'a pas eu la chance du christianisme voire de l'islam qui, avec la Méditerranée, ont disposé d'une mer intérieure et de vents porteurs d'usage relativement faciles. Sur les routes et sur les mers, les missionnaires du Bouddha doivent enfin affronter la concurrence de ceux de Mahomet. Les marchands musulmans font bon usage de leurs boutres pour porter la parole du Prophète d'Arabie en Inde puis en Indonésie. Au 15è siècle, ce dernier pays est gagné à l'islam à l'exception de Bali, île restée fidèle à l'hindouisme. Il aura donc fallu huit siècles de progression à cet islam marin et marchand pour atteindre ses limites actuelles.

    Les chevaux d'Allah Par la voie terrestre, les choses sont plus rondement et rudement menées. Dès l'an 742, dix ans après la bataille de Poitiers, les cavaliers musulmans sont en Chine du nord et fondent la mosquée de Xian. Qu'ils parviennent en Espagne par les antiques voies romaines d'Afrique du nord ou en Inde par la route d'Alexandre, les armées musulmanes connaissent une avancée fulgurante grâce à leur petit cheval arabe, outil de la guerre - éclair et des chevauchées continentales. Né au pas lent des chameaux, l'islam a grandi au galop des cavaliers. Ultérieurement, les pèlerinages des disciples de Jésus, du Bouddha ou de Mahomet seront profondément influencés par l'état des chemins et le progrès des transports. La route de Saint - Jacques de Compostelle sera rythmée, toutes les six à huit heures de marche, par des hospices dont nos gîtes d'étape actuels sont la version laïque. Quant aux sanctuaires bouddhistes des montagnes de Chine, ils seront accessibles par des voies pédestres, véritables sentiers de grande randonnée.

    La voie ferrée facilitera grandement l'accès aux différents sanctuaires et Lourdes vivra au rythme de sa gare et des trains de pèlerins avant que l'aéroport de la ville mariale ne devienne le troisième de France. De même, l'avion a décuplé le nombre des pèlerins de la Mecque et permis aux musulmans des pays les plus lointains, comme l'Indonésie, d'arriver rapidement à pied d'œuvre dans les Lieux Saints, pour une dure semaine de marches enthousiastes. Il reste aujourd'hui aux pèlerins, croyants et disciples de Jésus, Mahomet ou Bouddha, une ultime voie de communication, celle des ondes où rivalisent télévangélistes, imams et gourous. Les réseaux de radios chrétiennes remplacent les tournées de prédicateurs comme les chapelets au micro les processions de pénitents. Les nouvelles paraboles, tout aussi "orientées" que les anciennes, captent un large choix d'émissions et de sermons venus du monde entier pour aider ou suppléer l'imam de banlieue ou le curé de paroisse. Telle est la victoire planétaire de l'Eglise cathodique.

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    « Le fantasme pervers du « lobby juif »

    Les premiers dirigeants israéliens eurent très tôt le souci de ne pas voir la politique israélienne dictée depuis la diaspora . Bref, il n'est rien dans l'histoire contemporaine des juifs qui corresponde au contenu des termes « lobby juif » tel qu'il a cours dans le contexte français . Au début des années 80, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, des voix dans la communauté juive, mécontentes de la politique menée par la France au MoyenOrient, prônèrent la mise en place d'un soutien à Israël sur le modèle américain. Mais, loin des manoeuvres de couloir, l'activisme du Renouveau juif - dont le président du CRIF, Henri Hajdenberg, était l'un des fondateurs - consista dans la convocation de bruyantes manifestations de masse, sous la forme des « douze heures pour Israël ». Celles-ci n'infléchirent guère la tendance d'une politique étrangère française restée plutôt favorable aux thèses arabes depuis la fin des années 60.

    Quoi qu'il en soit, l'exercice de réfutation est aussi vain que prétendre soigner la schizophrénie par les vertus du dialogue socratique - aux yeux de ceux qui croient au « lobby juif », en nier la réalité, c'est soit faire partie du complot, soit témoigner d'une insigne naïveté. Ce soupçon appartient à cette catégorie d'opinions que le philosophe Karl Popper qualifiait d'« infalsifiables »:
    elles ne peuvent être considérées ni comme vraies ni comme fausses, leur structure circulaire et fermée empêchant qu'on puisse leur opposer aucun fait précis.

    En revanche, l'histoire de cette fantasmagorie peut sans peine être reliée à la calomnie de crime rituel, attestée dès l'Antiquité, mais que le Moyen Age chrétien va utiliser pour enfermer, ghettoïser, assassiner les juifs d'Europe .
    Son vecteur: une rumeur qui investit les juifs d'un pouvoir magique, démoniaque et sumaturel alimenté par le sang chrétien ou les hosties profanées . Un chercheur américain, spécialiste de l'Allemagne de la Renaissance, a montré, comment la légende médiévale du crime rituel a survécu à la Réforme . Elle fera finalement irruption dans les temps modernes en transformant la « magie juive » en « puissance juive » .

    Le philosophe Marcel Gauchet, a souligné le caractère paradoxalement moderne du mythe des sociétés secrètes . Pour lui, la théorie du complot accompagne le chaotique mouvement vers la société démocratique . Et de relever le rôle charnière de la Révolution française dans la mise en place de cet imaginaire: « Il faut un pouvoir d'origine humaine, un pouvoir fonctionnel et non plus sacral, un pouvoir limité et non plus chargé d'absolu, pour que s'installe et s'accrédite largement la mythologie collective dun gouvernement occulte doublant l'autorité théorique. » De fait, un siècle plus tard, aux alentours de 1897 , la police russe forge le texte qui demeurera l'archétype des rêveries sur la prétendue domination juive: Le Protocole des sages de Sion .

    Malgré les démentis, la prospérité du mythe du « complot juif » tient à ce qu'il fournit une explication simple à la complexité d'un monde de plus en plus indéchiffrable . Sa récurrence constitue en temps de crise l'indice d'un déficit de la représentation démocratique. Il n'est d'ailleurs pas indifférent que, depuis la chute du communisme à l'Est , on y note la prolifération et la banalisation d'une « lumpen-littérature » exploitant les stéréotypes culturels et religieux anti-juifs.

    Couronne

    Autre phénomène préoccupant :
    l'instrumentalisation croissante thématique du « pouvoir compris dans les cercles censés être pro-occidentaux. Comme le fait remarquer Léon Volovici, un universitaire israélien bon observateur de l'antisémitisme dans les pays post-communistes, il est courant de voir l'origine juive des adversaires politiques mise en avant et les difficultés de l'après-1989 attribuées à une conspiration juive. Aussi bien « le juif » présente-t-il à une opinion publique habituée aux explications idéologiques simplistes, héritées des anciens régimes , une figure commode, désignant alternativement le « communiste » ou le « capitaliste » selon les besoin du moment, le KGB et la CIA devenant parfois de simples succursales du Mossad (le service de renseignement israélien) !
    Une figure propre à désigner un responsable extérieur au malheur des temps. Comme si le « complot juif » ou sa version édulcorée, le « lobby juif », étaient devenus, à gauche comme à droite, à l'Ouest comme à l'Est, le mythique de l'innocence des peuples ...

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